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Rogue One: A Star Wars Story – Impressions et Analyse

BilanBande AnnonceFiche Technique

Rogue One A Star Wars Story PlacesLa sortie d’un nouveau Star Wars est toujours un grand moment pour un fan de la licence créée en 1977 par Georges Lucas. Ce vendredi 16 décembre, et après la déception relative du dernier volet en date, c’est avec des attentes mitigées que je me rend au cinéma pour Rogue One: A Star Wars Story.

Cette critique est sans spoiler, hormis quelques passages où cela est clairement notifié. Pas de crainte donc !

 

Synopsis

Situé entre les épisodes III et IV de la saga Star Wars, le film nous entraîne aux côtés d’individus ordinaires qui, pour rester fidèles à leurs valeurs, vont tenter l’impossible au péril de leur vie. Ils n’avaient pas prévu de devenir des héros, mais dans une époque de plus en plus sombre, ils vont devoir dérober les plans de l’Étoile de la Mort, l’arme de destruction ultime de l’Empire.

Rogue One A Star Wars Story

 

Avis Général

Rogue One: A Star Wars Story est clairement un film à voir au cinéma, que l’on soit fan ou non de la saga. Pour les amateurs, il s’agira d’un bon divertissement, et pour les passionnés, d’un complément solide à l’univers de Georges Lucas, qui, sans le transcender ni même égaler la trilogie originale, a le mérite d’être suffisamment bon pour ne pas lui nuire. L’univers est dans l’ensemble respecté et les faux pas, bien qu’existants, sont assez rares. Les deux heures et quart de film passent vite, les péripéties s’enchaînent bien et on rentre facilement dans l’histoire, malgré un début assez moyen. Les liaisons avec les épisodes suivants sont cohérentes et permettent de bien intégrer Rogue One dans l’univers Star Wars. Enfin, la fin du film est tout simplement excellente (et était la seule fin possible, bien que cela prenne à contre-pied la plupart des grosses productions américaines). Là ou une fin ratée aurait eu un impact négatif sur tout le film, le reléguant au statut de simple divertissement, la conclusion proposée par Gareth Edwards sublime Rogue One: A Star Wars Story, le rendant rétroactivement meilleur (oui oui j’ai bien écrit ça).

 

On a aimé

Le respect de l’univers

  • Ambiance générale

Dans l’ensemble l’univers créé par Georges Lucas lors de la première trilogie (la seule, la vraie !) est respecté. Ainsi, lors des scènes qui se déroulent dans la basede l’Alliance Rebelle sur Yavin IV on a vraiment l’impression que l’on pourrait voir débarquer Luke Skywalker et Han Solo à tout instant. La chronologie des événements est extrêmement bien rendue à l’écran, et enchaîner sur le brief de l’attaque de l’Etoile de la Mort à la fin de l’épisode IV semblerait presque naturel. De même, la station militaire correspond parfaitement à celle projetée en 1977 et lui rend un bel hommage.

Les scènes de mise à feu de l’Etoile Noire semblent exactement identiques. Il faudrait que je compare les films image par image pour en être certain, mais je me demande même si l’exacte scène n’a pas été reproduite ou importée (version remasterisée j’entends bien !). Un détail mais qui contribue, avec la multitude d’autres présents dans le film, à rendre cohérente la chronologie de Rogue One et de La Guerre des Etoiles.

Les touches d’humour et de légèreté, omniprésentes dans les premiers épisodes via des personnages comme Han Solo ou les droides C3PO et R2D2, sont plutôt pertinentes. Tout comme chez ses ancêtres, ces passages plus légers ne nuisent pas à l’ambiance tragique et puissante de la réalisation. Dans ce rôle, le robot K-2SO est particulièrement efficace et réussi. A la fois léger et touchant, c’est un très beau second rôle qui n’a rien à envier à ses illustres prédécesseurs. Seul petit bémol, sur lequel je reviendrai plus en détail dans un paragraphe dédié, la maladresse d’avoir voulu lier personnage léger et utilisateur de la Force. L’équilibre est difficile à atteindre pour ne pas tomber dans la caricature ou le ridicule, ce que n’a malheureusement pas évité le réalisateur de Rogue One.

Rogue One A Star Wars Story K-2SO

La thématique principale du film, l’espoir, est non seulement traitée très justement mais permet également de positionner Rogue One de façon pertinente dans la chronologie des Star Wars. Ainsi, que ce soit dans les discours, les actions où la thématique même du film, de manière explicite ou implicite, tout tourne autour de l’espoir. Cela est en général amené très intelligemment, ce qui fait qu’on y croit et qu’on partage presque le destin et la cause des personnages. Evidemment, tout cela amène de façon royale l’épisode IV, le bien nommé “Un nouvel espoir”, incarné par Luke Skywalker. La transition est donc tout à fait naturelle et permet une nouvelle fois d’ancrer cet opus de façon judicieuse dans la saga.

Enfin, l’aspect technique du film est également très bon. Ce dernier se fond bien dans le style créé 40 ans plus tôt, sans forcément chercher à mettre des effets spéciaux à tout va, comme ce fut le cas sur certains épisodes post trilogie originale.

  • Personnages

Rogue One A Star Wars Story Jyn Erso Cassian AndorLes deux personnages principaux, Jyn Erso et Cassian Andor, sont bien travaillés et crédibles. Leur relation est juste et évite avec brio le piège de la romance surfaite. On croit à leurs histoires respectives et l’on s’attache à eux. Loin d’être des personnages simples, Gareth Edwards a réussi à retranscrire des protagonistes équilibrés et qui ont dû ou doivent faire des choix difficiles. L’écueil du “tout blanc tout noir” a été évité, et nos héros sont amenés à prendre des décisions difficiles et parfois moralement douteuses pour servir l’Alliance Rebelle, lui conférant une aura et une importance qui surpassent toutes ses parties prenantes. Bref, la thématique de la résistance classique, mais bien amenée.

Exceptions faites de Saw Gerrera et de Chirrut Imwe, dont je parlerai un peu plus bas, les seconds rôles (et je parle bien des rôles, pas des acteurs) sont pour la plupart cohérents et servent bien l’histoire. A l’image de Bodhi Rook ou de K-2SO, leur présence est souvent cruciale et ils ont de véritables impacts sur la trame. Bilan positif de ce côté donc.

La cohérence du film et de la saga se vit également au travers de ses personnages emblématiques. Ainsi, on remarque une belle prouesse technique dans la reproduction en images de synthèse de Wilhuff Tarkin et de la princesse Leia, particulièrement bluffante. S’il est aisé de voir que l’Amiral emblématique de l’Empire a été créé de toute pièce par ordinateur, la qualité de cette reproduction est tout de même notable et surtout, cela était essentiel à l’histoire. Je célèbre ici que le choix se soit porté sur une réalisation en images de synthèse, bien que celle-ci se voit un peu, plutôt qu’un autre acteur, qui aurait grandement nuit à la cohérence et à la magie de l’histoire. Même constat en ce qui concerne la Princesse, pour laquelle il était tout simplement impossible de donner un nouveau visage. Et, lorsque l’on voit ce qu’elle est devenue, on remercie grandement les évolutions technologiques 🙂

Je reviendrai également sur Dark Vador, mais ce dernier se paye le luxe d’avoir un paragraphe entier qui lui est dédié !

  • Bande originale

Enfin, le respect de l’univers passe également par la musique. Cette tâche a été confiée à Michael Giacchino, qui rend un bel hommage au créateur du thème original. Sans en altérer la qualité mais toujours en s’en inspirant, la bande son de Rogue One adapte de manière judicieuse les thématiques fortes de la première trilogie. Ainsi à de nombreuses reprises on semble reconnaître certains thèmes de la Force, adaptés à des protagonistes qui ne font pas usage de cette dernière. Tout le côté épique et magistral de la musique de John Williams est conservé, sans le renier en l’appliquant de manière aléatoire à des situations ou des personnages inadaptés. Bref, un grand succès de ce côté !

 

Dark Vador

S’il s’agit bien d’une histoire annexe et non d’un pan de la saga, quelques éléments nous permettent de faire un lien régulier entre ce spin-off et les films dont il est inspiré. L’un des plus bel exemples de ces références n’est nul autre que Dark Vador. Ce dernier apparaît peu mais d’une façon qui lui rend éminemment honneur. Sa première apparition (outre les quelques secondes où on le voit mariner dans son bain !), lors de sa rencontre avec le Directeur Orson Krennic, alors responsable de l’Etoile Noire, est extrêmement bien rendue. Ainsi, c’est tout d’abord l’ombre de Dark Vador, énorme et impressionnante, que l’on voit apparaître sur tout un pan de mur, conférant une aura terrifiante au personnage. La “discussion” qui s’en suit n’est pas s’en nous faire penser à l’épisode IV, lorsque lors d’une réunion Dark Vador remet à sa place l’un des responsables de l’Empire qui prend le Seigneur Sith de haut tout en méprisant la force, qu’il considère comme une relique du passé. Dans les deux cas, l’ex Skywalker sait remettre les insolents à leur place!

Rogue One A Star Wars Story Dark VadorEnfin, l’une des dernière scène du film qui, sans spoiler, précède immédiatement le début de l’épisode IV est excellente. On y voit les rebelles, essayant de résister à Dark Vador et sauver les plans dérobés alors que ce dernier avance sans pitié ni merci, tuant tous ceux qui s’opposent à lui. Cette scène, courte, est particulièrement forte et son ton est très juste. On pourrait presque la juxtaposer au film de 1977 et la transition semblerait quasi naturelle.

 

La fin du film (Spoiler Alert)

Comme écrit plus haut dans mon avis général sur le film, la fin est tout simplement excellente. Des deux grands choix possibles, Gareth Edwards a fait le bon, quoique pas forcément le plus agréable pour le spectateur. En effet, on s’attache aux personnages, qui meurent tous, et pour la majeure partie d’entre eux dans les 20 dernières minutes du film. Cela sublime le film, lui donnant une dimension très forte et préparant de manière magistrale la transition avec l’épisode IV. L’Alliance Rebelle, les sacrifices, la valeur des plans et l’Etoile Noire, tout ça, on y croit ! Et c’est en ce sens que Rogue One: A Star Wars Story sert admirablement bien les épisodes légendaires qu’il est censé précéder. Une fin différente, un happy ending classique à l’américaine aurait non seulement gâché le film, lui procurant un côté teenager niaiseux, mais n’aurait surtout pas permis de créer un lien avec la trilogie de Lucas, qui donne une grande partie de sa valeur au film. Cette fin tragique se répercute non seulement sur le film lui-même, lui procurant rétroactivement la puissance et le côté épique dont il avait besoin, mais également sur l’ensemble de la saga Star Wars, lui permettant de s’y inscrire comme membre légitime.

Rogue One A Star Wars Story AfficheEn ce qui me concerne, Rogue One: A Star Wars Story serait passé de bon à très moyen avec une fin différente, tant celle-ci est solide et se répercute sur l’ensemble du film. Outre le fait d’être un bon Star Wars, le spin-off est également une très belle transition vers l’épisode IV. Dans la trilogie originale, lorsque Mon Mothma déclare que de très nombreux rebelles sont morts pour obtenir les plans de l’Etoile Noire, on y croit. Et ça, c’est une grande réussite.

 

On regrette

La première scène (mini spoiler)

Les toutes premières minutes d’un film sont extrêmement importantes, notamment lorsqu’il est aussi attendu que Rogue One… et justement, l’aventure commence sur une note assez moyenne. En effet, la scène où Orson Krennic vient chercher Galen Erso, ex ingénieur de l’Empire reconverti dans l’agriculture, est assez peu convaincante. On a du mal à trouver les dialogues très crédibles, et la mère de Jyn, qui se sacrifie (vraiment pour rien) est plus ridicule que touchante et dramatique. Si l’on comprend que le message était qu’elle préférait mourir que de voir sa famille servir l’Empire, on se dit aussi qu’elle a oublié un petit détail, à savoir sa fille, qui devra grandir sans maman. Bref, une entrée en matière assez moyenne qui m’a un peu refroidi. Heureusement, et hormis quelques scènes, cela reste une exception.

 

Saw Gerrara

Rogue One A Star Wars Story Saw GerreraLe personnage de Saw Gerrera est un peu surjoué… ou peut être tout simplement mal amené. On a du mal à entrer dans l’histoire de ce “rebelle extrémiste” et à y croire. Bien que l’on comprenne qu’il soit victime d’une immense paranoïa, voire folie, cela est peut être exposé de manière trop brutale. Quoiqu’il en soit, si le résultat final n’est pas mauvais, les scènes où il apparaît sonnent un peu faux. En revanche, j’ai particulièrement aimé sa “larve liseuse de pensées” à la Starship Troopers !

 

Chirrut Imwe, où l’offense à la Force

A croire que Jedha était la planète des ratés, car c’est également là que l’on découvre Chirrut Imwe, sorte de moine shaolin aveugle (asiatique comme par hasard, vive les clichés :D) familier avec la Force (sans pour autant être un Jedi). Si cela aurait pu être une bonne chose, la présentation de ce personnage est vraiment trop cartoonesque. Bien loin de rendre hommage à la Force et aux films dont elle émane, on a plus l’impression de voir des répliques tout droit sorties de la bouche de Michelangelo dans Ninja Turtles. Alors qu’il combat plusieurs soldats de l’Empire, il lance un petit “Attention à ton pied, ça doit faire mal” en plein combat. Ce ton “film pour ado” dénote avec le reste de la production, et encore plus avec la trilogie originale, dont l’épopée se veut particulièrement sérieuse voire dramatique.

Attention spoiler ! C’est quelque chose que j’évite d’une façon générale, mais la scène dont je vais vous parler mérite le détour. Ainsi, le sacrifice du moine guerrier pour servir la mission est assez pathétique. Si le geste est louable, la réalisation l’est moins. On retrouve notre moine tortue ninja qui marche à travers un champs de blasters (à l’aveugle évidement) en évitant littéralement tous les projectiles…même Yoda a du mal à la faire celle là.  Comble du ridicule, quelques secondes à peine après s’être sacrifié pour activer le levier si important, son protecteur et ami Baze Malbus reste 30 bonnes secondes à ses côtés, l’accompagnant dans son dernier voyage. Wait ? Et les tirs dans tout ça ? Rien. On se dit quand même que pour un moine étant en communion avec la Force, Imwe a très mal choisi son timing vu que visiblement quelques secondes plus tard le champ était libre de tous blasters. Dommage donc.

Enfin, et même si sa mort est triste, on est relativement heureux de le voir arrêter de répéter à tout bout de champ “I am with the Force, the Force is with me”. Plaisir de courte durée puisque à peine son ami tombé au combat, Baze entonne le même refrain, en boucle. Cependant, cela ne durera pas puisque l’artilleur tombera sous les balles ennemies quelques mètres plus loin.Rogue One A Star Wars Story Chirrut Imwe Baze Malbus

Dans l’ensemble, je pense que le problème réside plus dans le fait que la notion de Force a été mal amenée et que l’on y croit pas du tout. Dans un film où cette dernière est absente, ci ce n’est pour la présence anecdotique de Dark Vador, vouloir forcer sa présence peut s’avérer dangereux. Malheureusement Gareth Edwards n’a pas su éviter ce piège, et bien loin de rendre hommage à l’attrait des Jedis, ce dernier devient ridicule voire énervant. La volonté de mêler personnage lié à la Force et personnage comique, dans l’univers qu’est celui de Star Wars et dans un film ou le seul autre représentant de la force est Dark Vador, était plutôt maladroit. Georges Lucas avait bien compris que le personnage léger et humoristique ne pouvait pas être celui en lien avec la Force, et avait donc conféré ce rôle à Han Solo. Un petit raté donc, qui ne vient cependant pas gâcher le film pour autant.

 

Bilan

 

Bande Annonce


 

Fiche TechniqueRogue One A Star Wars Story Impressions et Analyse

Titre Original: Rogue One: A Star Wars Story
Genre: Aventure, Science fiction, Action
Réalisation: Gareth Edwards
Distribution: The Walt Disney Company France
Avec: Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn, Mads Mikkelsen, Forest Whitaker, Donnie Yen, Jiang Wen
Pays d’origine: États-Unis
Budget: 200 millions de dollars
Durée: 2h14
Date de sortie France: 14 décembre 2016

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