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Arès: Impressions et Analyse

Culture Geek te fais gagner tes places pour aller voir Arès au cinéma !

Bonjour à tous !

Nous avons eu la chance d’assister à une projection anticipée d’Arès, le dernier film de Jean-Patrick Benes qui sortira en salle le 23 novembre prochain !

Deux personnes de l’équipe Culture Geek ont donc pu découvrir le film d’action/science-fiction, et le bilan est plutôt positif…en tout objectivité, réellement ! En effet, nous n’avons reçu aucune consigne ou directive quant à ce que nous pouvions publier ou pas, et il ne nous a même pas été demandé de publier quelque chose. Bref, tout cela est très transparent, ce que nous apprécions beaucoup !

Jeudi 17 novembre donc, nous nous sommes rendu dans les locaux de projections de Gaumont près de Porte Maillot, avec quelques minutes de retard (dédicace au RER B). Avec un peu de retard donc, nous arrivons donc dans la salle de projection Gaumont et tentons de nous installer discrètement pour ne pas perturber la séance qui a débuté depuis quelques minutes. Premier point très agréable, même s’il n’a rien à voir avec le film, les fauteuils ! Chacun à son fauteuil pivotant individuel, avec double accoudoir et appuie tête de série s’il vous plait !

Bref, nous voilà bien installés et sans plus attendre nous entrons dans le cœur du sujet.

Arès le Film

 

Synopsis

Dans un futur proche, l’ordre mondial a changé. Avec ses 10 millions de chômeurs, la France fait désormais partie des nouveaux pays pauvres. La population oscille entre révolte et résignation et trouve un exutoire dans des combats télévisés ultra violents où les participants sont dopés en toute légalité. Reda, dit Arès, est un ancien combattant qui joue les gros bras pour la police. Tout va changer lorsque sa sœur se fait arrêter et qu’il doit tout mettre en œuvre pour les sauver, elle et ses filles.

Combat Arène Arès

 

On a aimé

  • Un film ambitieux

Le film essaye de sortir du cinéma français traditionnel. Loin de moi l’idée de critiquer Bienvenue chez les ch’tis, l’Arnacoeur ou encore Intouchable, mais c’est vrai que le registre “comédie de vie” du cinéma français varie assez peu. A part Luc Besson, personne n’ose réellement s’attaquer au cinéma grand spectacle “à l’américaine”, et c’est justement ce qu’à essayer de faire Jean-Patrick Benes avec Arès. Et au final, le résultat est plutôt convaincant. Certes, et nous allons le voir plus amplement lors de cette critique, le film est loin d’être parfait (mais il est également très loin des budgets américains), mais le fait même de s’attaquer à ce genre est un point très positif à souligner. Loin de moi l’idée de copier les films américains, mais inclure un peu plus de diversité et de cordes à l’arc du cinéma français me semble extrêmement important et positif.

 

  • L’ambiance

Premier point très positif, l’ambiance. Le Paris ghettoïsé de 2035 est très bien rendu, à la fois graphiquement et dans l’ambiance. On reconnait bien la capitale française, mais l’ambiance Blade Runner / futur presque post-apocalyptique est bien présente. De nombreux détails servent, de façon plus ou moins habile et discrète, cette atmosphère: les titres des vieux journaux, le présentateur radio qui annonce que la Chine prévoit de verser plus d’aide à l’Europe (oui oui, Arès annonce la domination chinoise pour 2035 ! Vous êtes prévenus !), ou même le côté très pessimiste, noir et sans espoir d’une ville qui a fini par ternir ses habitants. La morale, l’espoir voire même le bonheur sont comme engloutit par ce Paris chaotique, où les humains sont plus proches des animaux / robots décérébrés qu’à des individus conscients et libres de leu choix. Ils semblent survivre grâce à la force de l’habitude dans une monde ou toutes les valeurs et visions positives du futur ont disparu. La seule chose qui compte finalement, c’est de s’en sortir, ce que retranscrit très bien le personnage principal, Arès. Cette atmosphère de résignation est notamment extrêmement bien retranscrite par l’ambiance visuelle. En revanche, certains personnages comme la sœur ou les nièces de Reda incarnent une vision beaucoup moins résignée sur l’état de la société actuelle: il est possible et nécessaire de faire changer les choses. En revanche, cette vision, et j’en parle un peu plus bas, sera malheureusement amenée avec moins de finesse.

 

  • La photographie

Jérôme Alméras, le directeur de la photographie a réalisé un excellent travail sur le film, les couleurs et les plans étant de véritables œuvres. L’affiche du film qui retranscrit d’ailleurs assez bien le style graphique de ce dernier. Au delà d’être très beaux, les plans et les images construisent tout au long du film ce Paris complètement transformé, délabré, véritable représentant du futur post-industriel  et de la société de consommation capitaliste mis en échec.

 

  • Un film rythmé et dynamique

Le rythme du film est loin d’être mauvais, l’action et l’histoire s’enchaînent bien, et, point important, on ne s’ennuie pas.  Les combats sont plutôt sympas et peuvent être assez surprenants. Ainsi lors du premier affrontement de Reda  on aurait pu s’attendre à un peu de suspens, avec un résultat très indécis un peu à l’américaine. Au final le combat est très tranché et nerveux, mais cela sert le scénario et la dynamique voulus par le film, et s’avère donc plutôt positif.

 

  • Micha Lescot  dans le rôle de Myosotis

Ce second rôle, voisin(e) de Reda apporte énormément au film. Bien qu’assez classique et pour le coup un peu “cinéma français”, le personnage est très réussi et prouve donc que le mixte cinéma français/américain peut très bien fonctionner. Myosotis prend de l’ampleur tout au long du film et est sûrement un de mes protagonistes préférés, à la fois dans on jeu, excellent, et ans le rôle qui est le sien.

Myosotis

 

  • De bonnes idées

Le film comporte de nombreuses bonnes idées, souvent de l’ordre du détail mais qui alimentent intelligemment le film. Ainsi, le show online de Myosotis prendra un aspect important dans le film, tout comme le fait que Reda ne dise jamais merci…mais bien sûr je ne vous dévoilera pas pourquoi! Des éléments similaires ponctuent régulièrement le film, souvent de façon pertinente, et ces bonnes idées sont donc un plus indéniable au plus.

 

Avis mitigés

  • L’univers, parfois caricatural

L’univers très poussé du film, parfois caricatural, ne sera pas forcément de tous les goûts. J’ai trouvé que les combattants boostés aux injections pharmaceutiques, du nom de “Panzer” ou “La Masse” pour ne citer que les meilleurs, entrent bien dans l’univers presque apocalyptique du film. Représentants malgré eux d’une société sans espoir ni morale, ils incarnent tout le ridicule de cette société du spectacle à tout prix, qui n’a pour but que d’oublier le monde dans lequel on vit et l’état de la civilisation. Nous ne sommes pas loin du fameux système romain “Du pain et des jeux.” Les descriptions des combattants (“18 victoires, 12 morts”) suivent la même tendance. En ce qui me concerne, ces descriptions, outre le fait de faire décocher un sourire, s’adaptent bien à l’univers, où la société surjoue totalement le peu de divertissement qu’il lui reste, pour oublier son triste état. En revanche, notre très cher Heuss souriait également en entendant ces noms, mais pour une autre raison: la dimension ridicule qu’il y voyait, qui, il est vrai, n’est assez borderline.

 

  • Ola Rapace dans le rôle d’Arès

Ola Rapace, alias Arès ou Reda dans le film, a un jeu d’acteur assez particulier, si bien que pendant tout le début du film on en vient à se demander s’il est un peu à côté de son jeu, si cela est lié à sa nationalité et son accent ou si c’est voulu. Certaines phrases semblent récitées, et le tout manque de naturel et de conviction. Cependant, après une petite demi-heure, et je ne sais pas si c’est parce que l’on s’habitue ou car on est bien rentré dans l’univers du film, mais son jeu très brut et sa façon de parler apparaissent s’ancrer relativement bien dans l’environnement et dans l’atmosphère du film. Sa description par Heuss comme un ” Matthias Schoenaerts en moins bien” n’est pas tout à fait erronée, même si son visage et la dureté de son physique correspondent mieux au rôle que l’acteur de Bullhead. Bref, dur de savoir quoi conclure à ce sujet donc.

 

  • Le scénario

Malgré une histoire correcte et quelques rebondissements intéressants, le scénario reste assez peu profond. Ce dernier aurait pu être plus poussé et la trame générale est assez prédictible malgré les quelques éléments de surprise. Par exemple, lorsque l’on découvre que le tueur est en réalité M… Mais non ! Je ne vais pas vous spoiler voyons ! (en vrai c’est sa sœur qui a tout organisé!) A propos du scénario, Heuss a ici été catégorique que moi. Pour lui il n’est clairement pas à la hauteur, et dessert donc tout le film. Pour ma part, bien que pas extraordinaire, le scénario reste très correct et surtout n’était pas le point central du film. S’il accompagne la découverte de l’univers et de l’ambiance du Paris de 2035, c’est bien cela qui porte Arès. J’ai vécu ce film comme un voyage dans un Paris apocalyptique, dont l’ambiance est très bien représentée, et le scénario n’a qu’un but secondaire, nous faire voyager dans cet univers. L’histoire était pour moi, dans ce film, un élément secondaire et en l’occurrence, suffisant.

 

On regrette

  • Un film très (trop) manichéen

Bon, alors le gros point négatif du film reste son côté manichéen. Alors oui, on comprend que l’objectif est de décrire un monde ou la morale est absente de toute décision et que le pays est contrôlé par Donevia, une industrie pharmaceutique surpuissante, sans scrupule, et qui contrôle son monde par l’argent, la corruption et les combats d’arènes. On comprend bien sûr que c’est une caricature très très poussée de notre société. Seulement, ce monde aurait pu être décrit de cette façon mais avec beaucoup plus de finesse. Ainsi, dans un film comme Equilibrium, la classe dirigeante n’est absolument pas moins extrémiste et radicale, et la population qui se révolte est tout aussi nombreuse et persécutée. Mais cela est fait avec beaucoup plus de finesse et de balance, ce qui nous expose un tout cohérent, plus complexe et dans lequel on pourrait presque se projeter. Dans Arès, les traits sont beaucoup beaucoup (beaucoup?) trop marqués. Le méchant industriel pharmaceutique qui tue des dizaines de milliers de citoyens, légalement, pour tester ses produits, et  que cela fait même rire. Le même être sans âme qui annonce tout fièrement à la télévision “notre bénéfice net consolidé a été de XX (j’ai oublié le chiffre!!) milliards d’euros” … tout cela est un peu gros … Durant tout le film, il n’y aura aucune nuance sur ces propos ou ces personnages. De l’autre côté, les “gentils” révolutionnaires, sont moins ridicules que les “méchants” mais pas beaucoup plus nuancés. Au milieu de tout ça, le rôle de Reda a été quelque peu épargné, étant donné qu’il se situe quelque part entre ces deux mondes. On aurait juste aimé que ces deux derniers ne soient pas si diamétralement opposés, et proposent un peu plus de nuances, pour former un tout plus cohérent, riche et profond.

 

  • Que l’univers du film ne soit pas plus exploité

 L’univers et l’ambiance d’Arès ne sont pas exploités à leur plein potentiel. En effet, véritable réussite du film selon moi, on survole souvent le Paris de 2035 et on aimerait s’y plonger plus, avoir plus de profondeur et de détails sur cet univers. Alors évidemment, dans un film de 1h20 seulement et avec une histoire à faire tourner derrière ce n’est pas évident, mais c’est vrai que c’est un point qu’Heuss et moi aurions aimé voir approfondi.

 

  • La bande annonce

Si cette dernière n’est pas à proprement parler un élément du film, elle est très importante car elle influe directement sur le nombre de personnes qui iront, ou n’iront pas, voir le film. La bande annonce, bien qu’assez dynamique et pêchue, est assez brouillon, n’annonce pas réellement ce que va être le film, et au final, ne rempli qu’assez peu son rôle d’éveil de la curiosité et de teasing. Au contraire, elle envoie une image assez négative, et dessert donc film qu’elle présente.

 

Conclusion

Au final, Heuss et moi avons des avis assez différents sur le film, qui sera sûrement loin de faire l’unanimité, selon les critères les plus valorisés par les différents spectateurs. Si j’ai été plutôt agréablement surpris par Arès, le collègue est sorti déçu de la salle ! Le scénario, aspect secondaire et pas si mauvais selon moi, est apparu comme très important et décevant pour Heuss.  Comboté au côté extrêmement manichéen du film, ces éléments ont pris le pas sur le reste à ses yeux. Pour moi en revanche, ces aspects négatifs restent secondaires et le véritable intérêt d’Arès se trouve ailleurs.

L’heure et demie de film est passée plutôt vite pour ma part, on entre facilement dans l’histoire et l’univers est réellement excellent, sans parler de la photographie. S’il est vrai que le scénario aurait pu être un peu plus original et profond, il a le mérite d’être suffisant pour permettre à l’univers, véritable intérêt de la production, de se déployer. Enfin, et il est important de le noter, c’est un film ambitieux qui tend à emmener le cinéma français dans un domaine qu’il ne maîtrise absolument pas: le film d’action / science-fiction sur le modèle des films à gros budgets hollywoodiens. Si le résultat final est perfectible, on passe néanmoins un agréable moment, ponctué par de très bons éléments (atmosphère / photographie), et c’est définitivement un pas dans la bonne direction pour le cinéma français.

 

Bande annonce

 

Fiche TechniqueAffiche Arès

Titre original: Arès
Genre: Action / Science-fiction
Réalisation: Jean-Patrick Benes
Distribution: Gaumont Distribution
Avec: Ola Rapace, Micha Lescot, Thierry Hancisse, Hélène Fillières, Ruth Vega Fernandez, Eva Lallier, Louis-Do de Lencquesaing
Pays d’origine: France
Budget: 4 millions d’euros
Durée: 1h20
Date de sortie France: 23 novembre 2016

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